La cuisine de Jean-Michel Lorain

Propos recueillis par Maude Van de Noort

Par julie
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Simple et goûteuse, toujours proche du produit, un équilibre parfait entre les saveurs, voilà comment on pourrait, en quelques mots, définir la cuisine du grand chef Jean-Michel Lorain. Guide Restaurant a rencontré ce chef triplement étoilé lors d’une interview exclusive, voici sa vision de sa propre cuisine.

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Pour certains chefs ce sont les voyages, pour d’autres les magazines culinaires, et vous, quelles sont vos sources d’inspiration ?

Jean-Michel Lorain : Tout m’inspire. Mon expérience personnelle, le marché, les magazines, les voyages… Je peux être inspiré en voyant un produit auquel je n’avais pas pensé ou une technique que je ne connaissais pas. Les voyages me donnent beaucoup d’idées. Je n’ai pas voyagé beaucoup lors de mes apprentissages, mais maintenant, lorsque je pars à l’étranger, je suis toujours ouvert à ce qui se passe et cela m’enrichit énormément. Je fais un métier dans lequel on apprend toujours. J’aime apporter à ma cuisine des petites touches exotiques. A la carte du Relais et Châteaux, j’ai un plat qui est inspiré de la cuisine thaïe avec de la citronnelle et du lait de coco. Il y a aussi des plats plutôt inspirés d’une cuisine japonisante et d’autres de cuisine plus française. Je considère qu’il n’y a pas de tabou à avoir en cuisine à partir du moment où on affirme une personnalité. Le client vient chercher une cuisine personnalisée qui prend des risques et exprime quelque chose. Elle doit avoir un sens tout en restant goûteuse. Pour moi, le plus important est que ma cuisine reste proche du produit. Cela signifie qu’un plat peut avoir une certaine sophistication mais doit toujours garder le goût du produit et sa texture.

Vous avez travaillé pour de grandes maisons, ces expériences influencent-elles encore aujourd’hui votre cuisine ?

Jean-Michel Lorain : Bien sûr, toutes les expériences passées influencent la cuisine. Quand on fait un travail de création et qu’on a un style, ce style ne s’est pas construit tout seul. Il est nourri par les expériences que j’ai pu acquérir chez Troisgros, avec Claude Deligne au Taillevent ou avec Freddy Girardet au Crissier. Le plus difficile est de maîtriser ces influences pour se créer son propre style, avoir ses propres idées et montrer un savoir-faire différent.

Vous avez écrit plusieurs livres sur les légumes. Quelle place occupent ces produits dans votre cuisine ?

Jean-Michel Lorain : J’aime beaucoup travailler les légumes. C’est souvent le point de départ de la création d’un plat. Je peux partir d’un légume pour arriver finalement à le marier avec une viande ou un produit que l’on considère généralement comme le produit phare de la recette. Une fois sur deux, je fonctionne comme cela. Mais une recette peut également partir d’une technique de cuisson ou d’un produit vu sur le marché. Le processus de création est assez divers. La création d’un plat est un travail d’étude rigoureux qui nécessite une réflexion d’ensemble. Ce n’est pas quelque chose que l’on fait directement en cuisine en revenant du marché.

Sur quels produits portent vos recherches culinaires en ce moment ?

Jean-Michel Lorain : La carte de printemps vient d’être finalisée. En cette saison, on a beaucoup de légumes nouveaux (carottes, petits navets, radis…). Par contre, la période des coquillages est terminée. C’est actuellement la pleine saison de la langoustine qui est un produit que j’aime travailler. A partir du printemps, je reprends aussi les escargots.

Il y a des plats comme le boudin noir qui durent sur votre carte et d’autres qui disparaissent. Comment s’effectuent ces choix ?

Jean-Michel Lorain : Il y a 5 ou 6 plats de mémoire sur la carte : le boudin noir, la poularde de Bresse à la vapeur de Champagne, la truffe au chou… Ils viennent de la cuisine de mon père et ont fait la réputation de la maison. Je les laisse à la carte car je pense qu’un restaurant vit de modernité et de tradition. Ces plats font partie de l’histoire de La Côte Saint Jacques. Dans ces classiques, il y a aussi des plats que j’ai créés, comme le bar légèrement fumé au caviar Osci

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